LES DÉTRACTEURS

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Nous aurions dû appeler cette rubrique « Les délateurs » au lieu de « Les détracteurs »… Nous comprendrons pourquoi.

Dès juin 1795, lorsque la rumeur courut sur l’évasion de Louis XVII du Temple, le déni surgit, tel un serpent au venin ô combien tenace ! Si tenace qu’il envenime encore la pensée de nos concitoyens lesquels répètent le mensonge perpétré par les livres d’Histoire : Louis XVII est mort au Temple d’une tuberculose ! Sans preuves !

Que les Français aient été dupés par ces colportages, cela peut se comprendre mais que des historiens, qui se voulaient dignes de ce nom ou ceux qui, aujourd’hui, s’auto-proclament tels, nient la survivance, cela relève d’un état d’esprit déficient ou pervers, selon les cas.

De fait, le plus immonde dans le déni de la survivance de Louis XVII et de sa pseudo identité prussienne (« Naundorff ») est que tous les faux historiens ou écrivains de l’ombre savaient… ils connaissaient la vérité !

Ainsi :


Alcide de Beauchesne (1800-1873)

Le premier à avoir ouvertement – et effrontément – nié la vérité qu’il connaissait. Dans son ouvrage « Louis XVII. Sa vie, son agonie, sa mort » paru en 1852, il prétendit démontrer le décès du jeune Roi au Temple. Il affirma avoir travaillé pendant vingt ans pour amasser les éléments fondant sa thèse. C’est vrai car ceci lui a bien permis de connaître la vérité (la survivance de Louis XVII) et d’affirmer implicitement celle-ci…

Alcide de Beauchesne (1800-1873)

En effet, son frère lui demanda pourquoi il niait cette survivance en racontant une tout autre histoire, alors qu’il savait. En réponse, il écrivit en dédicace sur un des livres destinés à son frère :

«Je l'aurais écrit différemment si j'avais été payé pour une histoire différente ».

Payé par qui ? Louis-Philippe 1er fut chassé du pouvoir en 1848 ; avait-il commencé à monnayer le fond de déni pendant son règne ? C’est plus que certain. Ce qui est indéniable, en tout cas, c’est la perversité d’Alcide de Beauchesne qui mit tant d’acharnement à nier alors qu’il connaissait la vérité.


Louis Veuillot (1813-1883)

Écrivain monarchiste, aux ordres du Comte de Chambord. Le paradoxe est que ce dernier refusa de revendiquer le trône parce qu’il savait que Louis XVII vivait :

« Louis XVII n’est pas mort au Temple ; il s’est marié et a eu des enfants, je ne suis donc qu’un cadet »

confia-t-il en 1958 à la Marquise de Maleyssie qui déposa sous serment.

Étant très proche de Chambord, il ne pouvait ignorer la survivance de Louis XVII. Alors pourquoi cette imposture ?

Louis Veuillot (1813-1883)


Johan-Henrik Pétrie (1943-2004)

Johan-Henrik Pétrie, dans son ouvrage « Naundorff: een mysterie ontrafeld » (Naundorff : un mystère démystifié), reprend les thèses de Beauchesne sous la « bienveillante influence » d’une branche de la famille de Bourbon autre que celle descendant de Louis XVI ! alors qu’il connaissait la survivance de Louis XVII et avait côtoyé avec « intérêt » les descendants de ce dernier…Voulait-il être fait Duc par Charles-Louis de Bourbon, l’actuel descendant de Louis XVII?... Voici une lettre de M. Petrie, datée du 31 décembre 1990, adressée à M. Lyon, Chancelier de S.A.R. Charles-Louis de Bourbon descendant de Louis XVII (le faux Naundorff) :

Fac similé de la lettre de Petrie et photo de J. H. Petrie


Georges de Manteyer (1867-1948)

Georges de Manteyer archiviste et paléographe. Sa famille fut soumise à la Restauration et lui, en qualité d’archiviste, nia les lettres de Laurent alors qu’ils savait que des copies conformes existaient aux Archives Nationales, tout cela, pour satisfaire la Branche Bourbon d’Espagne dont pas un seul membre n’ignore la survivance  (cf. entre autres, le témoignage de la Reine Isabelle II d’Espagne )


M. Eckart

M. Eckart, auteur de « Mémoires historiques sur Louis XVII » — Paris – 1814, a pu récupérer le rapport secret que fit le 10 mars 1796 Sénart (secrétaire au Comité de Sûreté Générale pendant les temps de la Révolution). Ce rapport exprimait clairement que le corps soumis à l’examen post mortem n’était absolument pas celui du jeune Roi. (Précisions que Sénart fut assassiné peu après…).

De plus, il eut accès au compte-rendu que faisait régulièrement le Docteur Valentin, ami des Docteurs Chopart et Doublet, au Gouvernement Britannique dans les années 1790 ( et donc en 1795) sur la situation en France ; parmi ces informations étaient explicités l’empoisonnement et de décès de l’enfant substitué, Gonnhaut-Léninger ainsi que l’assassinat de ses médecins amis, ceci afin de faire évader Louis XVII. Voici le compte-rendu concerné :

« Les Docteurs Doublet et Chopart, tout comme Desault, sont morts dans les quatre jours; il ne fait aucun doute qu'il s'agit là d'une nouvelle façon de signifier un mandat d'arrêt utilisée par les Comités. »

Avec ces éléments en mains, Eckart écrivit l’une des premières biographies de Louis XVII sous la Restauration. Il a eu en mains d’autres preuves de la survivance du jeune Roi. Que fit-il ? Il émit un doute profond sur celle-ci pour plaire au futur Louis XVIII et « acheter » ainsi sa paix et sa notoriété sous ce régime…


André Castelot (1911-2004)

Il fut témoin du résultat des analyses du Professeur Locard (Lyon) en 1943 faites entre les cheveux de la reine Marie-Antoinette et ceux pris dans la tombe de Deft, sur le corps de « Naundorff » (corps qui n’avait pas encore été changé..). Ces analyses prouvaient clairement la similitude du canal médullaire excentré.. Naundorff était bien un Habsbourg . Il clama la vérité et annonça le mystère de Louis XVII résolu :Louis XVII avait survécu sous le faux nom de « Naundorff ».

André Castelot ( 1911-2004)

Lorsque qu’en 1950 d’autres analyses de cheveux furent entreprises (le corps de la tombe ayant été changé entre 1943 et 1950 compte tenu du danger qu’il représentait pour les tenants du mensonge) les résultats ne furent évidemment pas les mêmes. Que fit notre bon Castelot ? Au lieu de dire « il y a un problème de cheveux.. Locard a fait des analyses probantes . Que s’est-il passé ?»... il renia ce qu’il avait proclamé auparavant. « On » lui suggéra fortement de le faire s’il voulait conserver quelque notoriété d’historien… Mais nul ne put renier les résultats du Pr Locard ! Cela ennuie encore certains…


Philippe Delorme (1960 - …)

Depuis de nombreuses années le journaliste Philippe Delorme nous a habitués à ses crachats sur la survivance de Louis XVII ! Se targuant du titre d’ « historien », il fait fi de ses collègues, journalistes de la télévision, qui continuent cependant de le considérer comme un des leurs alors qu’aucun « historien » de ce nom ne l’a reconnu comme tel. Il est vrai que M. Delorme n’est pas à une pirouette près et se vêtir d’une profession autre que la sienne n’a donc rien d’étonnant.

Cette pirouette est telle qu’il prête sa personne à tous les débats offensant la mémoire du Roi-Martyr, écrivant de ci, de là, des articles dans des revues, faisant des conférences dans ce sens odieux, et, bien sûr, en clamant dans un livre burlesque qu’il révèle la vérité sur Louis XVII !

Le livre "Louis XVII -la vérité-"

De fait, il « roule », comme l’on dit familièrement, maintenant pour la famille Orléans et pour complaire à celle-ci il a dû abandonner ses anciennes convictions (la survivance de Louis XVII).

Mr Delorme et le Comte de Paris

La réalité est que M. Delorme a trahi. Oui, il a trahi et gravement, car il SAIT non seulement que Louis XVII a été évadé du Temple mais aussi qu’il a survécu, errant et rejeté de ses pairs, sous le nom de Karl Wilhelm Naundorff dont le Gouvernement prussien l’a affublé en octobre 1810.

Pour mieux comprendre qu’il s’agit d’une trahison, faisons un saut de 29 années en arrière ! Nous sommes en novembre 1991. Et que voyons-nous dans le numéro 2261 du 28 novembre 1991 de la revue « Point de Vue et Images du Monde » ? Un article de Philippe Delorme, écrit sous le pseudonyme de Hari SELDON, vantant et confortant la survivance de Louis XVII et faisant mille courbettes à S.A.R. Charles-Louis-Edmond de Bourbon, arrière petit-fils de Louis XVII/« Naundorff »…

Voici l’intitulé de cet article -avec photo du Prince Charles-Louis-Edmond de Bourbon à l’appui :

« L’Histoire en question

Si Louis XVII avait survécu…

Le Roi de France existe, nous l’avons rencontré. Non, ce n’est pas le Comte de Paris, ni même le jeune Luis Alfonso. Il s’agit de Charles-Louis-Edmond de Bourbon, arrière petit-fils de Naundorff. »

Article de Point de Vue

L’article honore cette descendance, reconnaît celle-ci comme étant la seule légitime puisque Naundorff était bien Louis XVII etc. Reconnaissance de la réalité et allégeance furent faites…

Comment savons-nous que ce pseudonyme est celui de Philippe Delorme ? Tout simplement par la revue n° 4 du « Lys » de 1993, page 39, dans laquelle il est fait état de l’entretien qu’a eu le Chef actuel de la Maison de France, Charles-Louis de Bourbon, avec le journaliste Philippe Delorme et qui mentionne le fameux article paru sous ce pseudonyme deux ans auparavant…

Article du Lys de France

Nous pouvons nous interroger pourquoi Philippe Delorme a ainsi piétiné ses convictions alors qu’il sait aussi que les Orléans sont des «  Chiappini  »(précision que nous faisons sans intention d’insulter cette famille qui n’est pas responsable des errances de son ascendance).

Nous sommes en droit de supposer que Philippe Delorme a été déçu de ne recevoir un titre ou une décoration qui ait le sceau de la légitimité, à savoir, qui soit octroyé par le descendant du dernier Roi légitime de France, Louis XVI !

Il s’est rabattu, en conséquence, sur celui d’ « Officier de l’Ordre de la Couronne » (Ordre créé par feu le Comte de Paris)…

Ou celui octroyé par la Couronne d’Espagne :

De fait, il semble très friand de ces adulations.

Monsieur Delorme, par le choix de nier la survivance de Louis XVII du Temple et l’identité royale de « Naundorff » (légalement reconnue), donne un caractère funeste à la vérité qu’il prétend révéler, tout comme est sa statue, censée représenter Louis XVII, que toute personne saine n’aimerait pas acheter pour voir celle-ci décorer son salon !


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